| La Cnil s'est montrée lundi mitigée sur un possible programme de caméras de surveillance déployé en France, sur le
modèle britannique, mais a refusé pour le moment de trancher sur ce dispositif.
Nicolas Sarkozy, qui a préconisé l'installation d'un vaste réseau
de caméras dans les transports en commun français, a jugé dans une
interview au Journal du Dimanche, compatible ce dispositif avec les
libertés individuelles.
Il a notamment évoqué la menace terroriste
"générale et élevée", et s'est dit "très impressionné par l'efficacité
de la police britannique
grâce à ce réseau de caméras".
"La Cnil n'a jamais d'opposition de principe dans ces matières-là.
Elle demande à ce qu'on lui donne le dossier. Elle l'examine dans le
détail et se prononce", a déclaré lundi le président de la Commission
nationale de l'informatique et des libertés, Alex Türk, lors de la
présentation du rapport annuel 2006 de l'organisme.
Insistant sur le fait que "dire pour ou contre (...) n'avait pas
beaucoup de sens", il a jugé surtout nécessaire d'accompagner un tel
dispositif
de moyens de contrôle.
"On a bien l'intention de se préoccuper de cette question", a-t-il dit.
"L'augmentation du nombre de caméras vidéosurveillance fera l'objet
d'une réflexion de notre part. Mais cela nécessitera que ce soit
encadrée", a précisé Alex Türk.
RÉDUCTION DE LIBERTÉ.
"Il faut que les citoyens soient parfaitement conscients que s'ils
acceptent d'une certaine manière une réduction de leur liberté au
profit de
la sécurité collective (...) il y a un organisme indépendant de
contrôle pour vérifier que la loi est parfaitement appliquée, que le
droit des
personnes est respecté et que toutes les dérives possibles sont
contrôlées par un organisme".
Le président de la Cnil a émis quelques craintes comme "la
possibilité de tracer les personnes". "Cela s'ajoutent à la biométrie,
à la
géolocalisation (...). On voit bien que l'on entre dans une société où
s'additionnent toute une série de moyens qui permettent de repérer, de
situer, de localiser des personnes", a-t-il dit.
"Inévitablement notre sphère de vie privée qui touche à notre
intimité, notre identité est forcément, à chaque fois, un peu réduite
au profit
d'un niveau de sécurité collective qu'on estime meilleure", a mis en
garde Alex Türk.
Alex Türk estime à environ 400.000 le nombre de caméras de
surveillance en France. "L'essentiel des caméras de surveillance sont
dans
le domaine public. C'est le préfet qui est compétent. Nous sommes
compétents pour l'installation dans l'espace privé", a-t-il dit.
En 2006, la Cnil a enregistré 880 déclarations de mise en place de
système de vidéosurveillance contre 300 en 2005 et les demandes
d'autorisation de dispositifs biométriques ont été multipliées par dix
en an. |